A l’approche des scrutins municipaux et européens de 2019, nous évoquons aujourd’hui les temps éloignés où l’Autodrome de Terramar servait de tribune politique à quelques unes des figures les plus illustres de la politique espagnole.

Il nous faut remonter pour cela aux années 1920. Le 29 avril 1923, en effet, alors que la construction de l’Autodrome de Terramar vient de démarrer, se tiennent les élections parlementaires espagnoles. Manuel García Prieto, leader du parti libéral, l’emporte et se maintient de ce fait à la tête du gouvernement, suivi de José Sanchez Guerra, du parti conservateur, et de Francesc Cambó, de la Ligue Régionaliste Catalane. L’élection marque un succès historique pour le catalanisme politique qui, non content d’être la première force politique de Catalogne, se trouve propulsé au troisième rang sur le plan national. Cambó devient à cette occasion une figure clé du réformisme conservateur à l’échelon national, occupant même à plusieurs reprises des postes ministériels. Le roi Alphonse XIII aurait même été jusqu’à lui demander de prendre la tête du gouvernement, ce que Cambó aurait refusé, préférant concentrer ses efforts sur la Catalogne.

Au cours de cet âge d’or du catalanisme monarchique, Cambó voyage dans toute la Catalogne et dans toute l’Espagne pour présenter son projet politique. L’Autodrome de Terramar est une des étapes majeures du périple de Cambó, dont l’histoire garde la trace. Comme on peut le voir sur les clichés d’époque, l’homme de Verges (près de Gérone) s’exprime devant une foule impressionnante à l’Autodrome. Même si l’Autodrome ne prévoit pas d’accueillir à nouveau à l’avenir de rassemblement politique, nous continuerons dans les prochaines semaines de partager les perles historiques dont recellent les archives du circuit. A la semaine prochaine!