Un espace aussi chargé d’histoire que l’Autòdrom Terramar charrie inevitablement son lot de légendes populaires et d’anecdotes cocasses. C’est ainsi que depuis le milieu des années 1920, tout amateur d’automobile qui se respecte ne peut s’empêcher, en scrutant les courbes de l’Autòdrom Terramar, de penser au fameux “bacio della morte”.

Selon la légende, Tazio Nuvolari (Castel d’Ario, 1892 – Mantoue, 1953), célèbre pilote italien d’autos et de motos ayant ses habitudes d’entrainement à l’Autòdrom Terramar, se prit d’amour pour une jeune “sitgetana” (d’aucuns disent qu’ils s’agissait de la fille du propriétaire de l’ancien Hotel Terramar), qu’il invita à assister à l’un de ses entraînements sur le circuit, au volant d’une Chiribiri biplace.

Après plusieurs tours de piste, et voyant que la jeune spectatrice commençait à trouver le temps long, il lui proposa de monter à bord de sa Chiribiri et de faire quelques tours avec lui. Au bout de quelques minutes, et alors que le bolide se trouvait au sommet du virage nord, Nuvolari décida soudain de lâcher le volant et d’embrasser sa passagère! Celle-ci s’en retourna chez elle immédiatement, visiblement choquée et accusant le célèbre pilote d’avoir voulu la tuer. En dépit d’en avoir été quite pour la frayeur de sa vie, la jeune fille ne risquait en réalité pas grand chose dans le geste audacieux de l’italien. A vitesse élevée dans les courbes de l’Autòdrom Terramar, c’est en effet la seule force centrifuge qui contrôle le véhicule, et il est même plutôt risqué à ce moment-là de donner un coup de volant.

Depuis cette époque, nombreux sont les visiteurs de l’Autòdrom Terramar qui ont tenté de reproduire le geste de celui qui fut deux fois vainqueurs de la Mille Miglia (une course de 1600km sur route ouverte). Cependant, l’état actuel de la piste rend le défi encore plus difficile, et seuls quelques pilotes professionnels aguerris peuvent s’y risquer.